Directive 2002/58/CE — art. 5 § 1 et 6 § 1 : confidentialité des communications électroniques et des données de trafic (« ePrivacy »)Règlement (UE) 2021/1232 du 14 juillet 2021 — dérogation temporaire autorisant la détection volontaire de contenus pédocriminels par les fournisseurs de services de communication2025/0429(COD) — prorogation de la dérogation jusqu'au 3 avril 20282022/0155(COD) — projet de règlement permanent (« CSAR »), encore en trilogueart. 68 § 4 — vote sur la proposition de rejet en deuxième lectureLe régime intérimaire de détection volontaire avait expiré le 3 avril 2026, le Parlement ayant refusé le 26 mars 2026 (228 pour/311 contre/92 abstentions) de le prolonger dans les termes proposés par la Commission. Le 2 juillet 2026, le Conseil a adopté comme sa position le texte initial de la Commission, déclenchant une deuxième lecture : le Parlement disposait de trois mois pour la rejeter ou l'amender à la majorité absolue. Le 9 juillet 2026, la proposition de rejet n'a recueilli que 314 voix pour, 276 contre, 17 abstentions — loin des 361 requises. La prorogation jusqu'au 3 avril 2028 est donc entrée en vigueur par défaut procédural. Côté français, 44 des 68 eurodéputés votants avaient pourtant voté pour le rejet (contre 16 et 8 abstentions) : la majorité de la délégation française s'est prononcée contre la prorogation, sans effet sur le résultat final. La rapporteure du dossier au Parlement, Birgit Sippel (S&D, Allemagne), pilote en parallèle les négociations sur le règlement permanent CSAR, où un cinquième cycle de trilogue s'est soldé le 29 juin 2026 par un accord sur « la quasi-totalité » du texte, hors mécanisme de détection.
Ce dossier fixe, pour l'instant sur base volontaire, le cadre juridique dans lequel des plateformes de messagerie peuvent scanner des communications privées à la recherche de contenus illicites — une architecture de détection que le futur règlement CSAR pourrait rendre obligatoire, y compris, dans certaines versions du texte, via un balayage côté client (« client-side scanning ») susceptible de s'appliquer aux messageries chiffrées de bout en bout. Plusieurs amendements adoptés le 9 juillet visaient justement à exclure ce chiffrement du champ de la dérogation ; leur portée exacte reste à confirmer dans le texte consolidé. Pour quiconque audite ou conçoit des systèmes de messagerie, c'est un dossier à suivre de près : il détermine la surface d'exposition légale des architectures de chiffrement de bout en bout face à des obligations de détection, et illustre comment un blocage procédural — plutôt qu'un choix politique net — peut trancher, de fait, un arbitrage entre vie privée et sécurité.