Art. 8, CEDH — droit au respect de la vie privée, du domicile et de la correspondance.Art. 6 §§ 1 et 3 c), CEDH — droit à un procès équitable et droits de la défense, dont l'assistance effective d'un avocat.Règle 54 § 2 b), Règlement de la Cour — notification d'une requête au gouvernement défendeur, invité à soumettre ses observations ; étape distincte de la décision sur la recevabilité.Le 10 juillet 2026, la Cour européenne des droits de l'homme rend public un communiqué daté du 29 juin 2026 : elle a donné avis au gouvernement français de la requête Sarkozy c. France (n° 9143/25), liée aux requêtes Herzog c. France (n° 11047/25) et Ordre des avocats au barreau de Paris c. France (n° 2416/25). En cause : l'utilisation, dans l'enquête dite « des écoutes » ou « Paul Bismuth », de transcriptions de conversations entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog, dont les lignes téléphoniques étaient placées sur écoute judiciaire.
Dès le lendemain, plusieurs titres de presse français ont annoncé que la CEDH avait « jugé recevable » cette requête. Le communiqué officiel de la Cour dément ce raccourci : une notification « ne signifie pas qu'une requête est recevable » ni qu'il y a violation de la Convention — c'est seulement l'étape où le gouvernement est invité à répondre à des questions. La condamnation définitive de l'ancien président, prononcée en décembre 2024 (trois ans d'emprisonnement dont un an ferme, pour corruption et trafic d'influence), reste en l'état inchangée ; une décision européenne sur la recevabilité, puis le cas échéant sur le fond, n'est pas attendue avant 2027.
Pour un chercheur en sécurité ou un consultant en automatisation, cette affaire éclaire deux points concrets : d'abord la mécanique juridique précise qui protège — ou pas — une communication interceptée légalement dès lors qu'elle implique un avocat, un enjeu directement lié aux débats sur l'interception légale et le chiffrement de bout en bout (voir le module « Chat Control » du 11 juillet). Ensuite, un rappel méthodologique pour toute veille réglementaire automatisée : confondre une étape procédurale (« communication ») avec une décision de fond (« recevabilité ») est exactement le type d'erreur qu'un pipeline de scraping de presse, calibré sur des sources secondaires plutôt que sur les communiqués officiels de la Cour, reproduirait — et amplifierait — à grande échelle.